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Dragage des ports : le maire de Loctudy dit sa détermination au Conseil municipal

le 29 mai 2013

Après une seconde suspension, et le rejet d'un recours en référé « mesures utiles », par le Tribunal Administratif de Rennes, les travaux de dragage des ports de Loctudy ont repris. Malgré cela, les pêcheurs opposés à cette opération ont entravé le travail du chaland chargé de la dispersion des sédiments en mer et mené différentes actions : manifestation et dépôt de vases devant les mairies de Loctudy et Plobannalec-Lesconil, et devant les locaux professionnels d'un conseiller municipal.Devant le Conseil municipal réuni le 24 mai, Joël PIETE a redit sa détermination de tout mettre en oeuvre pour la poursuite de ce chantier, dont il a rappelé le caractère vital pour l'économie de la commune.Le 29 05 2013

Il a rappelé que dans un état de droit les décisions prises, conformément à la loi, doivent être respectées. Le dragage des ports a fait l'objet d'une enquête publique en 2008 qui a recueilli près 600 observations, dont 96% étaient favorables. Sur les conclusions positives du commissaire enquêteur, le Préfet a pris un arrêté autorisant la réalisation des travaux. Un premier recours, en 2012, contestant la légalité de cet acte administratif, a été rejeté. Un second recours a été exercé en avril dernier au motif que le Préfet n'exercerait pas son pouvoir de contrôle sur le respect par les maîtres d'ouvrage du cahier des charges. Les différentes parties, représentées par leurs avocats, ont pu librement présenter leurs arguments, pour faire valoir leur point de vue. La juridiction administrative, dont l'indépendance ne saurait être mise en doute, a considéré que les modalités d'exécution des travaux, compte tenu des corrections apportées, ne contreviennent pas aux prescriptions du cahier des charges. Si on ne respecte pas les décisions de justice, où est la démocratie ? Imaginerait-on l'hypothèse inverse où, les collectivités locales condamnées, passeraient outre la décision du juge administratif ?

Joël PIETE a, carte à l'appui, présenté aux conseillers municipaux la zone retenue pour la dispersion des sédiments. Il a tout d'abord rappelé que c'est l'Etat qui a préconisé le choix d'une zone sur la vasière, afin de favoriser une meilleure assimilation des sédiments de dragage (vases) avec le milieu récepteur. Il a surtout insisté sur la superficie de la zone de dispersion, au regard du territoire sur lequel opèrent les chalutiers, notamment pour la pêche à la langoustine. Cette zone se limite à 4 km2 sur un secteur qui fait environ 4000 km2, soit 1/1000ème de la surface. Les 40 chalutiers, qui se partagent 2500 tonnes de quota annuel de langoustines, peuvent difficilement prétendre que les opérations compromettent gravement leur activité.
Le Maire a également souhaité éclairer le Conseil municipal sur les conditions dans lesquelles l'entreprise Merceron, sous le contrôle du Conseil général, effectue la dispersion des sédiments en mer. Il a déploré une nouvelle fois que, lors des premières vacations, des cailloux aient été déversées sur la zone, en raison d'un mauvais calibrage de la trémie sur le chaland. La présence de cailloux, sur les fonds de vases, constitue en effet une gêne réelle pour la bonne utilisation des chaluts. Cette erreur a été corrigée. La dimension de la trémie a été très sensiblement élargie. A entendre les opposants ou à regarder les éléments qui sont présentés à la presse et à l'opinion publique (caisses de marée remplies de vase), on peut penser que ce sont des « montagnes de vase (sic)» qui se déposent sur le fond, lors des rejets en mer. Le Maire indique que si la totalité des sédiments était déversée d'un coup, leur épaisseur sur le fond ne dépasserait pas 4cm !! Or, la dispersion s'effectue sur une durée de plusieurs mois, à raison de deux vacations de 500m3 par jour. On peut donc accorder une réelle confiance dans les calculs effectués par les experts qui ne prévoient qu'un impact de 1mm des rejets en mer. Il n'est pas raisonnable de vouloir ignorer le facteur temps, pris en compte initialement dans le projet, qui est nécessaire au processus d'assimilation naturelle par le milieu. Aller chaluter « au cul du chaland » ne constitue pas, dans ce contexte, une méthode crédible, ni loyale, pour démontrer que les prescriptions ne sont pas respectées. Et que dire de l'exposition sur les quais des macro-déchets (pneus, plastiques divers...) censés provenir du port de plaisance de Loctudy ? Si on ne peut exclure que quelques éléments on pu, lors des premiers rejets, échapper au contrôle du prestataire, il est toutefois incorrect de laisser penser que tous les objets indésirables qui tapissent la zone en cause proviennent du port de Loctudy. Faut-il rappeler que les chalutiers participant au programme « Ar Mor Glaz » débarquent chaque année environ 1000 tonnes de déchets collectés en mer, dont 100 t au Guilvinec et 30 t à Loctudy ?
Joël PIETE conclut en réaffirmant sa volonté de poursuivre ce chantier. Dans ce dossier, rappelle t-il, il n'a, à aucun moment, cherché à diviser les protagonistes, comme certains l'ont prétendu. Sa seule motivation, c'est l'intérêt général. Pour des raisons de sécurité de la navigation et d'accès normal de tous les usagers des ports, il faut mener cette opération à bonne fin. Il « n'y a pas de plan B ».... Pour de multiples raisons (financière, administrative, écologique), des solutions plus au large ou à terre ne sont pas envisageables. Le prétendre n'est pas réaliste ou procède d'une volonté de condamner les activités maritimes de la commune, ce qui n'est pas admissible.

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