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Patrimoine rural

Qu'il soit rural, maritime ou religieux, le patrimoine d'une commune ne peut se résumer en quelques lignes. Nous nous limiterons à quelques monuments ou sites loctudistes parmi les plus connus et nous pourrons ultérieurement le développer sous une forme différente : série d'articles, petit livre (tous thèmes historiques, géographiques), ...

Cet exposé suit un ordre chronologique et remonte aux temps les plus anciens.

Le néolithique ( - 6000 à – 2000 avant JC)

Menhir de Penglaouic

A tout seigneur, tout honneur... Le menhir de Penglaouic, partiellement immergé à marée haute, fait partie de cette série de mégalithes (menhir) que dans toute la région bigoudène l'on trouve à l'estuaire de certains « steir » ou dans le lit de ruisseaux (Lesconil, Léchiagat, Lespurit en Plovan,...). De facture remarquable, séparant deux communes et donc marqueur de territoire comme il le fût peut-être lors de son érection, il s'inscrit parfaitement dans un superbe paysage de pins et de landes, d'eau et de plantes marines.

Sa forme voudrait qu'il soit vu de deux manières : l'impression est différente selon qu'on le regarde par la grande face ou par la tranche car sa section n'est pas circulaire et garde du bloc primitif une symétrie à deux dimensions, due peut-être à ce qu'il fût à l'origine une plaque rocheuse détachée à plat d'une roche probablement voisine mais déjà diaclasée et altérée par l'érosion, ce qui expliquerait à la fois l'aplanissement et son arrondi.

A quelques dizaines de mètres et vu par le petit côté, ce menhir fait penser à une aiguille ou à un doigt pointé vers le ciel.

Dolmen d'Ezer

Un petit dolmen à galerie découvert sur l'estran à Ezer, actuellement ruiné et ensablé, sera fouillé par P.R. GIOT en 1950. La chambre du monument livrera des tessons de céramique unie, quelques silex et une pendeloque en hématite à double perforation.

Deuxième Age du Fer ou civilisation de la Tène (- 450 avant JC à début de notre ère)

Une époque intéressante car la mieux représentée sur Loctudy. Nous avons choisi de vous présenter cette période à travers quelques monuments et vestiges connus ou étudiés.

Les stèles, dites « gauloises »

I – Stèle de l'enclos paroissial

Monolithe régulièrement taillé dans du granite, avec un axe de symétrie vertical et un diamètre se réduisant de bas en haut, à partir d'une embase brute enterrée.

Il s'agit là d'une stèle de forme tronconique à cannelures longitudinales séparées par des listels et d'une réalisation très soignée. Ce type de monument pourrait, selon plusieurs auteurs, s'apparenter aux plus anciennes colonnes de certains temples grecs du domaine méditerranéen : civilisation dorique, ....

Tronquée et aplanie au sommet comme toutes les stèles, elle fût christianisée bien plus tard (moyen âge) par l'adjonction d'une croix de section octogonale.

Le monument, qui à l'origine se trouvait au chevet de l'église, près du gisant en marbre blanc, fût déplacé dans les années 70. Avant cette opération sa hauteur hors-sol était bien moindre, la stèle reposant alors sur un sol primitif remblayé par la suite. Sa situation près d'un ancien ruisseau et donc un « point bas » pourrait faire penser à un menhir retaillé. Sans aller jusque là, il existe aussi la possibilité qu'il s'agisse d'une stèle funéraire consacrant un cimetière protohistorique (Age du Fer), à l'image d'autres exemples du pays bigouden. Pourquoi pas, plus simplement, un lieu remarquable (cultuel,....) !

II – Stèle « basse », place des Anciens Combattants

De forme hémisphérique et d'un mètre de haut, elle provient du lieu-dit « Park ar Villien » (champ de galets) près de kerandouin en Loctudy. Le sommet de la stèle porte plusieurs cupules dont on ne connaît pas la signification. Les cupules, rappelons-le, se retrouvent sur toute la bordure littorale allant de la Norvège au Portugal et au-delà, vers la Méditerranée et même plus loin ! On peut les observer sur nombre de monuments et aussi sur des plaques rocheuses (Le « Reun » en Treffiagat).

III – Autres monuments

Avant d'y revenir, dans une future série d'articles nous citerons, pour mémoire, quelques monuments aujourd'hui disparus ou dont il ne reste que des vestiges :

Le grand moulin à marée

Seuls vestiges de ce fameux moulin, quelques pierres bien abîmées gisent encore en contrebas, côté mer, de la passerelle délimitant l'étang du Suler.

Un peu d'histoire : Au début du 18ème siècle, un certain « messire et noble homme, René Le Gentil, seigneur de Kérazan », fait barrer ce qui deviendra l'étang du Suler puis construit le moulin à marée.

L'édifice et ses installations font référence dans toute la région ... L'affermage est environ le double des moulins alentour du même type. Saisi à la révolution, il sera vendu comme bien national. Il aura successivement, de rachats en héritages, cinq propriétaires.

Six meuniers et une meunière vont l'exploiter pendant deux siècles.
 
    1718 – Tudy Tanniou
    1743 – Corentine Bernard
    1754 – Alain Scouarnic
    1760 – René Soulleg
    1778 – Grégoire Palut
    1826 – Charles Le Drezen
    de 1900 à 1920, le « père » Tirilly sera le dernier meunier du « Grand Moulin » (Ar Meil Vraz).

Tout au long du 19ème siècle, trois générations de Rolland, forgerons, entretenaient avec les charpentiers du village les volumineux mécanismes de ce moulin qui, par ailleurs, utilisait deux meules indépendantes.Par la suite, l'évolution industrielle accélérera la prospérité des minoteries régionales et précipitera la ruine des moulins anciens.

Vétustes et à bout d'histoire, les toitures, charpentes et murs de celui de Penanveur s'effondreront dans la grève. Les marées ont tout effacé.

Nous terminerons par une fontaine bien sympathique ainsi que par une anecdote peu connue d'une époque où nous en avons sélectionné quelques unes (à venir).
Fontaine du XVIIème siècle (Kérazan).

Pour accéder à cette fontaine qui présente la curieuse particularité d'être enterrée, il est nécessaire d'emprunter un escalier de pierre à neuf marches. La fontaine apporte son eau au bassin du parc, à l'est du manoir, par une conduite voûtée en forme de petit tunnel.