L’origine de Loctudy et son évolution

Au Vème siècle, quelques moines dépêchés ou menés par un certain Tudy, auraient édifié un monastère à Enez-Tudy, petite île située à l’entrée de la Teir. Loctudy (Locus-tudy= lieu consacré, lieu monastique de Tudy) tient son nom de ce moine venu de Grande-Bretagne qui fuyant son pays envahi par les saxons, fonde à Loctudy vers l’an 450 un ermitage. Les premiers moines qui abordent en Armorique privilégient des îles ou des sites facilement défendables, à l’entrée de baies ou de rivières, pour s’y établir.

Loctudy, une cité vieille de plus de 1 500 ans

La Cornouaille à cette époque était une véritable friche, et ce sont ces moines qui dirigent le défrichage des terres. Ils resteront à Loctudy jusqu’à l’invasion des Normands et des vikings, fin IXe début Xe siècle. Ceux-ci sur leur passage, détruiront les monastères et autres sites religieux. Face à cette situation, les moines s’exilent à nouveau en Cornouaille Britannique. L’abbaye sera détruite vers 913. A leur retour au début du 11ème siècle, ils ont pour mission de reconstruire. Fut alors édifiée vers 1032 la magnifique église abbatiale, véritable joyau de l’art Roman. 

Au XIe siècle, l’implantation d’une nouvelle et importante communauté religieuse ainsi que l’édification d’une église abbatiale constituent un tournant important pour le développement de l’agglomération. Par ailleurs, les Barons du Pont sont les maîtres des lieux et Loctudy s’étend jusqu’à Pont l’Abbé (toute la rive droite). La plus importante modification qui donnera d’ailleurs à Loctudy son visage actuel, interviendra en 1791 au sortir de la révolution.  La paroisse, qui s’étend alors jusqu’au château de Pont-l’Abbé, devient une commune. Les limites de son territoire sont diminuées et fixées définitivement. Ainsi, la commune perd alors son enclave sur Pont l’Abbé au Nord et celle sur Plomeur à l’Ouest et récupère le quartier de Larvor. Du coup, la démographie s’en ressent : de 1 700 habitants, elle tombe à 1 045 à l’aube du XIXe siècle. Mais ce sera aussi, après une longue période de disette, où l’on note que les mendiants sont de plus en plus nombreux, le début d’une certaine prospérité.

A partir de 1830 et pendant plus d’un siècle, une période de relative prospérité s’installe, liée à une intense activité agricole, en partie maraîchère, mais surtout axée sur une quasi-monoculture, la pomme de terre.

Après la seconde guerre mondiale, l’agriculture décline, et la commune se reconvertit dans les activités maritimes. Loctudy devient l’un des plus grands ports du pays bigouden, pour la pêche autant que pour les loisirs liés au milieu marin.

Au cours des quinze siècles de leur histoire, les Loctudistes, peuple de paysans et de marins, ont laissé les témoignages de leur cadre de vie. Plusieurs manoirs et châteaux et de belles demeures (Kervereguen, Kerazan, Le Dourdy, notamment) témoignent de l’attrait particulier du site de Loctudy, aux siècles passés. Certains de ces édifices sont visibles depuis l’estuaire ou sur les rives de la rivière de Pont l’Abbé. Le manoir de Kerazan est un pur joyau de l’architecture bretonne des 16ème et 18ème siècles.

Actuellement Loctudy qui demeure une commune excentrée compte 4 100 habitants avec environ 3 800 maisons (1 900 principales et 1 800 secondaires).

Une ville qui a évolué économiquement

Jusqu’au XIXe siècle, Loctudy est une commune essentiellement agricole.

Lors de ses récits de voyages, Cambry, écrivain du XVIIIe siècle, notait dans ses écrits qu’à « Loctudy les céréales étaient abondantes et que les légumes mûrissaient de façon précoce ». La pêche alors, n’a que peu d’adeptes. Il y a bien quelques embarcations nourrissant quelques 5 ou 6 familles établies dans l’anse de Pors Bihan. Il y a aussi quelques matelots paysans qui embarquent à l’occasion… Mais le flux de la pêche se situe dans la commune d’en face, l’Ile-Tudy. Et pour cause, c’est son activité primaire ne disposant que de peu de terres cultivables.

Cette situation dure jusqu’à la venue à Loctudy de Edouard Le Normands des Varannes. Enseigne de vaisseau originaire du Loire et Cher, il épouse en 1813 une demoiselle Louise Derrien dont le père a acquis le domaine de Kerazan comme bien national. En l’espace de 30 ans, sous la restauration 1814-1830, il va faire de Loctudy la commune pilote du Pays Bigouden :

  • Sur terre : avec la pomme de Terre ;
  • Sur mer : avec le chantier naval, le commerce maritime et la pêche qui fait réellement son apparition au milieu du XIXe siècle (1850) et avec les agrandissements successifs des quais (1848, Cale de Poulavillec, agrandie en 1872).

L’activité commerce va être intense jusqu’à la seconde guerre mondiale. Loctudy sera alors le second port de commerce du département après Brest et devant Morlaix. L’activité pêche va en s’intensifiant avec deux grandes périodes d’essor :

  • Dans les années 20 avec la motorisation des bateaux ;
  • Après les années 50 avec l’apparition des « malamoks », bateau imposants (15 mètres) destinés au chalutage.

En bateaux de pêche, on distingue les canots (3 à 10 mètres) avec les casiers, les palangres, les côtiers (10 à 15 mètres) 1 jour de pêche, les hauturiers (plus de 15 mètres) pêche de 15 jours au large de l’Ecosse et de la Mer d’Irlande. La pêche emploie environ 500 personnes (200 marins et 300 emplois directs sur la commune).

Alors que l’activité agricole régresse (moins de paysans, diminution des cultures, augmentations des constructions) et que l’activité pêche connaît des phases d’adaptation difficile, une autre activité connaît un grand essor : le tourisme. Ce n’est pas une nouveauté :

  • Marie de Kerstrat Pionnière du tourisme (1882) ;
  • Les plages (8 km de côtes avec de belles plages de sable fin) ;
  • Résidences secondaires ;
  • Les sports nautiques et plaisance ;

Mais tous ces points ont connu une progression importante en investissement et en utilisation :

  • Le port de plaisance ouvert en 1991 et agrandi en 1997 (580 places) ;
  • Les animations nautiques : le Cercle Nautique (régates, écoles de sport) ;
  • Les plages, l’hébergement, etc ;
  • La mise en valeur du patrimoine
  • L’accueil (office du tourisme).

C’est avec beaucoup d’attention que la Commune de Loctudy contribue à l’entretien du patrimoine collectif. Des projets sont en cours pour restaurer et remettre en valeur des éléments patrimoniaux jusqu’alors ignorés (exemple : conserverie Alexis Le Gall).

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